Critiques littéraires de l’été 5

Publié le par Thomas CLERMIDY

Le terroriste noir/ Tropique de la violence
Le terroriste noir/ Tropique de la violence

Le terroriste noir/ Tropique de la violence

Critiques personnelles de livres lus. Les propos appartiennent à l’auteur du blog.

 

  • Le terroriste noir de Tierno MONENEMBO : Un soldat guinéen  est recueilli dans un village vosgien pendant la seconde guerre mondiale. Il est en fuite. Mais dans le village, on s’en méfie. Le temps passe et Adi Abba fonde un mouvement de résistance. Il sera arrêté et torturé par la Gestapo. Sa disparition et son exécution restent un mystère. Dans les années 2000, un aïeul d’Adi Abba vient dans les Vosges pour recevoir les honneurs militaires posthumes de ce dernier. Il tentera de percer le mystère.  J’aime beaucoup la littérature francophone (Maghreb, Antilles, Afrique Noire) et ce n’est pas ce roman qui viendra contredire mon opinion. Cette histoire vraie est passionnante du début à la fin. Le suspense du mystère n’est révélé qu’à la toute fin du livre. Je ne connaissais pas cet auteur guinéen mais il s’agit d’une belle découverte. En conclusion, je vous recommande vivement ce roman. Il existe en poche chez Points Seuil et dans toutes les médiathèques.

 

  • Tropique de la violence de Natacha APPANAH : Marie, infirmière à Mayotte et arrivée par immigration, est la mère de Moise. Ce dernier, influençable, traîne dans le quartier de GAZA où règne la violence.  Ce quartier est dirigé par Bruce qui ennuie Moise. Un jour, sur les recommandations de Stéphane, un autre caïd, Moise prend un pistolet et tue Bruce. Il se rend ensuite à la police et raconte son acte à Olivier, policier. Moise finit en prison, laissant une mère inconsolable.  Roman polyphonique très maîtrisé, Tropique de la violence mêle les récits des cinq personnages cités ci-dessus.  Grande lectrice, Natacha APPANAH semble ici influencé à la fois par Laurent GAUDE (spécialiste du récit polyphonique), par Laurent MAUVIGNIER (pour l’aspect polyphonique et âpre du livre), et par Albert CAMUS (pour le côté « absurde de la violence »). Néanmoins, son livre est bien en deçà de ses pairs, le résultat n’étant guère passionnant. On notera néanmoins une parfaite maîtrise du style, très agréable à lire. L’aspect sociologique de l’île de Mayotte est également bien renseigné (violences incessantes, tensions migratoires avec les voisins comoriens, malgaches et africains). Au final, on est un peu déçu car le livre avait fait l’objet d’une médiatisation démesurée mais certains aspects du récit méritent de terminer ce dernier. Vous pouvez lire ce roman qui est disponible chez Gallimard et dans les médiathèques.

Commenter cet article