Critiques littéraires de l’été 4

Publié le par Thomas CLERMIDY

Les larmes/ Le royaume
Les larmes/ Le royaume

Les larmes/ Le royaume

Critiques personnelles de livres lus. Les propos appartiennent à l’auteur du blog.

 

  • Les larmes  de Pascal QUIGNARD : C’est très difficile de résumer un récit de Pascal QUIGNARD tant le récit est dense.  Dans son nouvel opus,  il nous raconte l’histoire de deux frères qui vivaient au temps de Charlemagne. Le premier, Nithard, propagea l’écriture caroline au sein de l’abbaye de Saint-Riquier et inventa la littérature à travers les Vies de Nithard. On connait plus ce récit mais QUIGNARD nous dit qu’il a eu une influence considérable sur les célèbres Vies d’EGINHARD, qui racontait le règne de Charlemagne. Le second, Hartnid, passionné de chevaux et d’aventures,  ira jusqu’en Orient pour propager  « l’idée d’Europe » qu’a mis en place Charlemagne. Il devra faire face aux orientaux et il apprendra la mort de son frère à Ephèse, cherchera à comprendre qu’il est et mourra avec pour seul compagnie le chant des oiseaux.  Ce livre est une véritable merveille d’érudition, de poésie (QUIGNARD décrit mieux que personne le vol des oiseaux et la pénétration  de façon poétique). Cela fourmille de citations latines (Pascal QUIGNARD les utilisent toujours pour expliciter un terme et un propos et jamais de façon pédante) et de références historiques (on revit avec bonheur la chute du Royaume des Francs et l’ascension de Charlemagne). C’est beau (cf. la réflexion de QUIGNARD sur les oiseaux qui devient de plus en plus prégnante dans son œuvre). En conclusion, on pourra dire que l’on n’est pas loin « d’un chef d’œuvre ». En tout cas, c’est excellent à tout point de vue. Un livre à lire absolument. Il est disponible dans toutes les médiathèques.

 

  • Le royaume d’Emmanuel CARRERE : Durant les années 1990, CARRERE a fait une analyse et s’en est sorti grâce aux évangiles de Saint Luc et aux lettres de Saint Paul.  Il décide de revenir sur ces textes vingt ans après et d’en faire une exégèse.   Après un début très bavard et narcissique, on comprend le dessein d’Emmanuel CARRERE. Il est vraiment  très ambitieux et l’on avance dans ce gros roman d’un pas sceptique. Mais au fur et à mesure de la lecture, on est  agréablement surpris. On pensait que les exégèses étaient réservées aux ecclésiastiques mais le romancier CARRERE s’en sort très bien. De plus, ce qu’il nous raconte est vraiment passionnant.  Sa relecture des textes bibliques est très documentée, très personnelle aussi et le livre prouve une nouvelle fois qu’Emmanuel CARRERE appartient à la cour des grands auteurs contemporains. Je ferais juste une réserve sur ces appuis sur La vie de Jésus car ce texte reste très critiquable. Mise à part cela, on se prend vraiment au jeu et  l’on sort conquis.  Il conclut son livre en se  demandant s’il est toujours chrétien. Pour ma part, vu l’implication,  le travail fourni, la quasi fiabilité des sources citées (j’ai vérifié dans la TOB et la BJ et il y a peu d'erreurs), je pense que le sieur CARRERE est toujours chrétien même si cette sensibilité est désormais bien enfoui dans son inconscient.  Je vous recommande de lire ce long mais passionnant ouvrage. Le roman est disponible chez Folio et dans les médiathèques.
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