Poème du jour

Publié le par Thomas CLERMIDY

Charles BAUDELAIRE photographié par NADAR

Charles BAUDELAIRE photographié par NADAR

Lecture de l'Albatros de Charles BAUDELAIRE

L'Albatros de Charles BAUDELAIRE in Les Fleurs du Mal.

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers. A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d'eux. Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid ! L'un agace son bec avec un brûle-gueule, L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait ! Le Poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer ; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

Poète symboliste français du XIXe siècle, Charles BAUDELAIRE écrivit Les Fleurs du Mal en 1857. Le poème L'Albatros est extrait de cette oeuvre poétique sulfureuse qui valut un procès d'attention aux bonnes moeurs à l'auteur.

Sources: BAUDELAIRE Charles, Les Fleurs du Mal, Gallimard. Le Lagarde et Michard.

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