Georges, Michel, Lino et les autres

Publié le par Thomas CLERMIDY

BA Les tontons flingueurs

BA Les barbouzes

BA Ne nous fâchons pas

BA Le pacha

BA Le guignolo

BA Les morfalous

BA Laisse aller c'est une valse

Un florilège de personnages du cinéma français autour du maître... et de répliques légendaires.

Georges LAUTNER (1926-2013) a remis au goût du jour un genre du cinéma français qui n’existe plus aujourd’hui : le cinéma de papa. Qualifié de San Antonio du cinéma, LAUTNER fait de son art un savoureux mélange de culture savante et de culture populaire. Mais plus que tout, c’est le dialogue au cinéma qui fait aujourd’hui la renommée des films de Georges LAUTNER. Pour cela, il s’est entouré d’un dialoguiste génial Michel AUDIARD (1920-1985). Les films de Georges LAUTNER sont aussi de fabuleux films de potes que je vais vous présenter succinctement.

Le premier ami de la bande s’appelle Michel. Michel scrute les mots et s’applique à créer autant que faire se peut des répliques qui sont devenues mythiques au fil du temps. C’est ainsi que pour Pour Michel AUDIARD, on peut réussir sa vie « en étant con et pleurnichard ». Toujours selon lui, la femme « ne boit pas, ne fume pas, ne drague pas mais elle cause ».

Après avoir trouvé un scénario jouissif concocté par l’ami Michel, Georges appelait ses amis acteurs pour jouer des rôles sur mesure.

Lino VENTURA (1919-1987) est l’ami de plusieurs films comme Les tontons flingueurs, les barbouzes ou ne nous fâchons pas. Il joue toujours le policier, ami des truands qui sort de sa retraite pour protéger la fille de son ami ou un pleurnichard collant. Lino gifle, se met en colère, tombe amoureux. C’est un peu le sage de la bande. Il protège la veuve et l’orphelin. Une de ses répliques cultes est : « un barbu, c’est un barbu, deux barbus ce sont des barbouzes ».

Bernard BLIER (1916-1989) joue le petit colérique. D’ailleurs quand on énerve son personnage de Raoul, ce dernier dit « faut pas l’énerver le Raoul. Parce que moi quand on m’énerve, je correctionne, je ventile, je disperse ».

Francis BLANCHE (1921-1974) joue l’ami passe sans rire. Aussi quand Lino gifle Bernard, ce dernier s’écrit « c’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases ».

Jean LEFÈVRE (1919-2004) joue l’ami dont on voudrait bien se débarrasser, mais dont on ne peut pas. C’est pour cela que seul le sage Lino peut supporter Jean car le devise de Lino est « ne nous fâchons pas ».

Jean GABIN (1904-1976) est le patriarche de la bande, mais il n’intervient que dans un seul film de Georges LAUTNER, Le Pacha. Et bien sûr, Michel lui réserve des répliques cultes. Ainsi quand Jean interroge Robert DALBAN, petit truand, il lui dit « quand on mettra tous les cons sur orbite, tu n’auras pas fini de tourner ». Il ajoute ensuite comme une leçon de cambriolage d’un maitre à son élève : « on n’emmène pas de saucisses à Francfort ».

Jean -Paul BELMONDO (1933-) est le petit dernier de la bande. Il tourne avec Georges dans Flic ou Voyou (BA dans l'article sur BEMONDO), Le professionnel (BA dans l'article sur BELMONDO), Le guignolo et Les morfalous. Michel lui réserve également de savoureuses répliques comme celle-ci tiré du Guignolo. Jean -Paul BELMONDO est arrêté par les policiers et il leur dit « vous connaissez la différence entre un con et un voleur. Le voleur se repose parfois ». Du pur AUDIARD.

Les femmes ne sont pas absentes dans ce monde un peu misogyne. Parmi les actrices favorites de Georges LAUTNER, on retiendra entre autres Mireille DARC (1938-) qui tombe littéralement sous le charme de Lino VENTURA dans Les Barbouzes et Ne nous Fâchons pas ,mais qui trahit Jean YANNE dans Laisse aller, c’est une valse.

La liste des amis est longue et on peut encore y ajouter Jean YANNE (1933-2003), Claude RICH (1929-), Marie LAFORET (1939-) ou Michel CONSTANTIN (1924-2003). Quelle pléthore d’artiste de renom dont le talent a illuminé le cinéma français ! Et à travers eux la possibilité de redécouvrir quelques films célèbres du cinéma français que vous trouverez aisément en médiathèque, mais surtout pour moi l’opportunité de remettre dans la lumière le génie et la drôlerie des répliques de Michel AUDIARD, pas toujours très fines, mais reflet d’une époque insouciante où l’on pouvait rire de beaucoup de choses…

Sources: Les films mentionnés ci-dessus.

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